Et je relis le passage de ta mort, comme je me repasserais une chanson dont je voudrai me lasser.
Et je ferme les yeux et je revois la scène, avec chaque fois plus de puissance qu'à la fois précédente.
Et les sons de ta voix raisonnent dans ma tête, je hurle, je hurle de douleur, mais plus personne ne s'inquiète pour moi, c'est devenu habituel.
Et je me mure dans la solitude et le silence, parce que je suis une éternelle incomprise.
Et je me répète cet horrible passage, comme pour me persuader qu'un jour, ça ne me touchera plus.
Les larmes coulent sur mes joues, semblables à une délivrance, mais qui sont en vérité une malédiction, une promesse d'éternité.
On pourrait se dire que je suis folle, excessive, destructrice, c'est sûrement vrai. Mais quel saveur à la vie sans toi ? J'essaye d'oublier, mais ça n'aboutira à rien ; Je suis marquée à vie, contaminée par ta folie.
Et le temps passe sans m'éloigner de toi, puisque tu ne vieilliras jamais. Et ton beau visage vient hanter mon sommeil, mes pensées, s'imprègne dans ma peau, pour ne faire plus qu'un avec moi.
Et cette vieille blessure, malgré tout, persiste, continue d'exister, elle ne s'estompera jamais, puisque je souffrirai éternellement de ce vide en moi, ce vide que, autrefois, tu as comblé.
Et j'ai l'impression d'être morte, d'être morte en même temps que toi, mais pourtant, à mon grand étonnement, je mange, je vois, je marche.
Mais à l'intérieur, je ne suis que cendres.
Et tu ne vis qu'à travers moi, qui m'efface pour te laisser la place, mais ça ne sert à rien.
Tu ne reviendras pas.